Perfectionnisme au travail
La plupart des conseils sur le perfectionnisme disent la même chose : arrêtez, lâchez prise, faites moins bien. Cette perspective crispe plus qu’elle n’aide : qui a envie de faire moins bien, surtout après avoir été éduquée toute sa vie à bien faire ? Personne. La solution n’est pas là. Le perfectionnisme n’est pas qu’un défaut à corriger : c’est souvent ce qui fait votre fiabilité, la qualité de votre travail, la confiance qu’on vous accorde. L’enjeu n’est pas de l’éliminer, mais d’en garder le meilleur, sans la part qui vous épuise.
D’où vient votre perfectionnisme
Le perfectionnisme n’est pas un trait de caractère qu’on aurait ou pas. C’est une stratégie, apprise tôt, pour être aimée, protégée, acceptée, par ses parents, ses grands-parents, ses professeurs. Un enfant n’est pas autonome : il dépend des adultes pour survivre, et fait tout pour répondre à leurs attentes, afin qu’ils continuent de s’occuper de lui. Le perfectionnisme adulte est souvent la persistance de cette stratégie, longtemps après qu’elle a cessé d’être nécessaire.
Claire en a fait l’expérience directement. Pour elle, bien faire les choses n’avait jamais été une question de qualité, mais de protection : rester irréprochable pour ne jamais s’exposer au rejet ou à l’humiliation, une façon de passer inaperçue plutôt que d’être vue et jugée. Comprendre cette origine, avec l’aide conjointe d’un travail thérapeutique et du coaching, a changé sa façon d’aborder son propre niveau d’exigence : ce n’était plus une qualité personnelle à défendre, mais un réflexe de protection à interroger.
La perfection n’existe pas
Le perfectionnisme vise un objectif qui n’existe pas : la perfection est une illusion de l’ego et du mental, pas une réalité objective. Ce qui est parfait pour l’une ne l’est pas pour l’autre. C’est l’un des drivers les plus pernicieux qui soient : chercher quelque chose qui n’existe pas condamne à l’insatisfaction, au sentiment d’échec, et à bien d’autres émotions inconfortables. Cet article creuse cette question plus en détail, avec ses effets sur la fatigue et l’épuisement. L’opposé de parfait n’est pas raté : c’est utile et efficace, avec un niveau d’exigence adapté au délai imparti.
Garder le meilleur, sans l’excès
Le travail ne consiste pas à supprimer votre exigence, mais à la rendre soutenable :
- La compassion envers vous-même : plutôt que de viser parfait, viser au mieux, sachant que le mieux varie d’un jour à l’autre.
- Sortir du jugement de valeur : évaluer votre travail objectivement, plutôt qu’à l’aune d’un idéal inatteignable.
- Ne pas prendre les choses personnellement : une remarque sur un livrable n’est pas un jugement sur vous.
- Être responsable, pas coupable : assumer votre travail sans vous punir pour ce qui n’a pas été parfait.
- Vous fixer des objectifs réalistes, pas idéalistes : chercher l’amélioration plutôt que la perfection, en capitalisant sur vos expériences précédentes plutôt qu’en repartant de zéro à chaque nouvelle tâche, comme si rien n’avait jamais été appris.
- Vous donner des règles concrètes pour éviter l’épuisement que le perfectionnisme peut entraîner : couper les mails à une heure fixe, éviter les journées à rallonge, organiser votre semaine stratégiquement plutôt que de la remplir dès qu’un créneau se libère.
Perfectionnisme au travail : les questions qu’on me pose le plus souvent
Faut-il se débarrasser complètement de son perfectionnisme ? Non, et ce n’est ni réaliste ni souhaitable : c’est souvent ce qui vous rend fiable et appréciée dans votre travail. L’enjeu est de le rendre soutenable, pas de l’effacer.
Le perfectionnisme est-il plus fréquent chez les femmes ? Il est en tout cas particulièrement travaillé dans mes accompagnements, souvent lié au besoin de faire ses preuves ou de ne pas être prise en défaut. Il rejoint d’autres mécanismes fréquents, comme le syndrome de la bonne élève ou le besoin de plaire.
Comment savoir si mon perfectionnisme a atteint un niveau problématique ? Un bon repère : s’il vous empêche de rendre un travail à temps, s’il vous épuise durablement, ou s’il vous fait éviter certains projets par peur de ne pas être à la hauteur, il a dépassé son utilité.
Cet article vous parle ?
Votre exigence vous sert, mais elle vous épuise aussi, et vous ne savez pas comment garder l’une sans l’autre ?
Je peux vous accompagner à identifier ce qui, dans votre perfectionnisme, vous sert encore, et ce qui ne fait plus que vous coûter, avant que cela ne mène à l’épuisement professionnel.
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